Nature et scoutisme
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Education par la vie quotidienne (installations)

mardi 20 avril 2010

Cet article est un exemple de projet pédagogique de camp d’été centré sur l’éducation par la vie quotidienne à travers les installations de camp.

Le scoutisme et l’indianisme : rapport à la Nature

Si on en croit cet article de Scoutepedia, le scoutisme a rapidement pris ses distances avec l’indianisme qui lui était antérieur. Là où l’indianisme prônait apparemment une espèce de "retour aux sources", le scoutisme a fait le choix de l’inscription dans la vie contemporaine et notamment par rapport au milieu qui est désormais urbain pour 80% de la population du monde occidental. On peut donc faire du scoutisme en ville. Mais la Nature présente des avantages considérables sur le plan pédagogique. Quand on dit "Nature" on pense à "vie dans la Nature". Sur un plan purement matériel, la vie dans un centre "en dur" présente des avantages de confort et une certaine facilité pour l’hygiène mais elle contraint fortement l’organisation de la vie quotidienne. On peut ainsi arriver à la conclusion qu’on est en fait bridé par la structure. A l’inverse, la vie dans la Nature nécessite des connaissances techniques et du temps pour l’installation mais elle permet une grande liberté dans l’organisation. Lorsqu’on réfléchit à faire vivre l’autonomie, la démocratie, la vie en petites équipes, etc., la vie dans la Nature représente un formidable outil.

L’intérêt pédagogique de gérer sa vie quotidienne soi-même

La vie collective est inhérente à tout séjour d’enfants. Elle est incontestablement un poids puisqu’elle impose de vivre dans un cadre différent de celui qu’on a accepté (ou pas) au sein du foyer. Pour les organisateurs, la problématique est de concilier les impératifs de gestion du groupe, de sécurité, d’hygiène, etc. avec un cadre qui soit le moins pénalisant pour l’enfant. Certains ajoutent à ça la participation maximale des enfants à sa gestion, voire à son organisation.

Gérer sa vie quotidienne (lessive, vaisselle, nettoyage...) est l’apprentissage de savoir-faire qui concourent à l’autonomie de l’individu et peuvent contribuer à une prise de conscience de l’appartenance à un groupe (« il y a des choses qu’on ne peut pas gérer individuellement »). Mais la gestion de la vie quotidienne est quelque chose de rébarbatif pour la plupart des enfants. On peut essayer de la rendre plus attractive (ou moins rébarbative) en évitant certaines erreurs communes (punir un enfant de services de vaisselle, par exemple) ou , de manière plus active, en animant ce moment (faire un concours de lessive...) mais on peut aussi essayer d’aller plus loin. Puisque les impératifs d’efficacité (rapidité) ne sont pas supérieurs à ceux qui concernent l’éducation, on peut chercher des moyens de concilier les deux. La problématique est alors redéfinie : comment faire gérer le maximum de vie quotidienne aux enfants tout en y consacrant le moins de temps possible afin de ne pas risquer de voir ce moment rejeté ?

En tout premier lieu, il paraît évident qu’il faut que les enfants aient conscience de la nécessité de faire ces travaux. Il pourrait donc être particulièrement bien de les associer à l’organisation de la vie quotidienne. Mais on va y revenir... Puisqu’on doit gérer l’hygiène et la sécurité, il est impensable de faire l’apprentissage par l’échec. En revanche, faire faire à l’enfant le nettoyage de ses propres affaires peut être un moyen de l’amener à prendre éventuellement plus de soin au nettoyage et comprendre que moins il se salit, moins il aura à laver. Il pourra alors faire un vrai choix : peut-être préférera-t-il se salir et profiter sur le coup de son activité, quitte à passer plus de temps au nettoyage. C’est le choix que font certains adultes ! Ce qui importe, à mon sens, c’est de maitriser les tenants et les aboutissants et de les assumer. La responsabilisation et l’apprentissage de l’autonomie par une organisation qui permet aux enfants de faire toute la vie quotidienne est alors un outil extraordinaire sur le plan éducatif.

Contexte d’un PP centré sur l’organisation de la vie quotidienne

Après de nombreuses expériences en centres en dur et après la découverte du scoutisme, on a pu arriver à la conclusion qu’il était possible de faire des installations simples ne requérant pas de compétences spécifiques (ou très basiques) et assez rapides à mettre en œuvre. La première étape était donc que l’équipe de responsables ait intégré des techniques simples, ait pu les expérimenter et surtout ait dépassé le stade de la peur de se lancer.

Il apparaissait alors dommage de proposer un camp où l’équipe de responsables ferait les choix d’installations de la vie quotidienne (en groupe ? en équipes ?) et, pire encore, arriverait en ayant fait ces choix et en demandant aux louveteaux (les 8-11 ans) de les mettre en œuvre ! Le succès n’était pas garanti et l’intérêt pédagogique était finalement limité. C’est plus la capacité de leadership des responsables qu’on aurait été à même d’évaluer en fonction de l’adhésion des louveteaux à la proposition !

A l’inverse, il paraissait possible de préparer un camp où même pour la tranche d’âge des louveteaux, on pouvait tout installer sur place plutôt qu’au préalable (le "pré-camp") et leur faire décider eux-même comment organiser leur vie quotidienne. La législation impose de garantir la sécurité physique, morale et affective des enfants. Il fallait donc prévoir une situation difficile du type pluie ininterrompue pendant sept jours. Le lieu de camp était composé d’une cuisine, de quelques douches et WC, quelques chambres et de deux salles. Il y avait donc la possibilité de se rabattre à l’intérieur en cas de besoin. Bien sûr, cette configuration aurait pu être remplacée par des rouchys.

Le Projet Pédagogique

En cas de conditions climatiques normales pour un mois de juillet, le projet était de faire installer par les louveteaux, au fur et à mesure tous les lieux de vie, en fonction des besoins. Une telle démarche nécessitait une certaine expérience puisqu’il fallait disposer à la fois de compétences techniques mais aussi d’un certain recul. L’idée était de suivre les enfants et se guetter les moments de tension concernant le confort et l’organisation. Par ex., après la première douche, les louveteaux allaient se retrouver sans étendage pour leur serviette. Plusieurs cas se présentaient alors :
- certains louveteaux s’en rendaient compte et on convoquait un conseil pour régler le problème
- aucun louveteau ne s’en rendait compte et on le suggérait
- si aucun louveteau ne réagissait, on proposait directement le conseil

Cette méthode visait à laisser un peu de temps à l’enfant pour se rendre compte lui-même du problème. Dans la majorité des cas, on voit que c’est efficace !

L’étape suivante était le conseil lui-même. On essayait de voir quelles solutions les enfants proposaient. S’ils n’en proposaient pas, on en suggérait pour faire naitre le débat. Si le débat n’avançait pas, on proposait de voter entre différentes propositions. La méthode n’était donc pas compliquée. Il s’agissait tout simplement d’offrir le maximum de chances aux enfants de prendre conscience eux-même de la situation et de réfléchir aux solutions, l’adulte n’étant là que pour guider si besoin la réflexion. Chaque fois que j’ai été amené à adopter un tel fonctionnement (organisation d’un bivouac, par ex.), j’ai été bluffé par la responsabilité et l’autonomie des enfants. ça fonctionne !

Conclusion

Si on perçoit l’intérêt pédagogique de la vie dans la Nature et si on dispose de certaines conditions (un minimum d’expérience et surtout de la volonté !) alors on peut se lancer sur ce type de projet pédagogique. Sur le plan technique, je pense qu’il est important de montrer, faire savoir et presque marteler que tout est accessible même aux néophytes !
- Voir une table simple en froissartage
- Voir un coin foyer avec des bancs

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